Extraterrestrial de Nacho Vigalondo

Un homme bloqué dans l'appartement de son amante. Un mari pseudo-justicier. Une invasion d'extraterrestres. Un voisin pot de colle. Voici comment on pourrait résumer ce film ovni tombé au milieu de la planète du cinéma.

À la lecture du titre, Extraterrestre, on s'attend à un film catastrophe, à une énième invasion de martiens, mais le réalisateur nous amène toujours là où on ne pensait pas aller. Un film angoissant ? Nacho Vigalondo nous offre un film plein d'humour. En effet on s'attend constamment au pire et le suspense monte souvent, mais il nous ramène toujours vers quelque chose de plus léger avec des touches comiques.

On peut voir le film à l'image du premier plan, une brèche entre les genres comme les premières images sont une brèche de lumière dans l'obscurité de la chambre.

Ainsi, ce film est un savant mélange entre les styles, qui détourne ces genres.

C'est d'abord évidemment un film de science fiction, mais sans aucun effet spécial : les extraterrestres sont juste suggérés, on ne voit qu'un quart du vaisseau, on en vient même à se demander s'ils existent. Vigalondo joue avec notre imagination pour inventer les élucubrations les plus improbables. On en vient même à croire qu'Angel, le voisin, est un extraterrestre, ou que Julia, l'héroïne, est infiltrée elle aussi.

Ce film est aussi bien sûr une histoire d'amour, qui emprunte beaucoup au théâtre : on retrouve la configuration classique du vaudeville—le mari, la femme, l'amant—auxquels il faut rajouter le voisin fâcheux. Le placard de Labiche est remplacé par la salle de bains, ou la tasse (on note qu'il y a une soucoupe, pas volante, mais roulante).

Extraterrestre est enfin, comme on l'a pu constater, un film comique. D'abord dans les situations, plus burlesques les unes que les autres, dans les quiproquos, les mensonges de plus en plus gros que les personnages inventent pour se sortir de leur hypocrisie de plus en plus grande.

Ce film est remarquable dans la qualité de la photographie, qui devient de plus en plus claire et colorée à mesure que l'esprit de Julio s'éclaircit.

Le mélange de bons ingrédients ne fait pas toujours un bon plat, mais ici on peut dire que l'alchimie est vraiment réussie !

Léa Troncy
Pierre Angelloz-Pessey
Anaïs Bolinard
Ségolène Peurois
Terminale cinéma (Lycée Louis Armand )

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