Monthly Archives: septembre 2012

1st episode: How cinema was born in Belgium

Fantasmagoria ©Wikipedia

Once upon a time in Liege was a man called Etienne-Gaspard Robert. Call him Robertson. He was a priest, but also a scientist and an artist. Everything you need to be the perfect filmmaker: science and art.

1797, one century before the Lumiere brothers invented their extraordinary machine, we were in the middle of three revolutions: the revolution of Liege, the revolution of Brabant and the French one. Did Robertson join Paris because his city had just become French? Who knows? Be that as it may, our « phantasmagore » chose the city of love to cause a sensation.

Phantasmawhat? If you look at its etymology, « phantasmagoria » means « the art of making the deceased speak in public ». At the end of the XVIIIth century, the phantasmagores applied themselves to bringing people back to life (easier said than done!). So could Robertson revive your beloved ones as well as famous people, from William Tell to Virgil, not to mention Voltaire or Marat. You’d be really impressed! Imagine that! Thanks to this prodigious invention named phantascope you could bring back to life the one you loved or your idol.

But how did this ancestor of the cinematograph work? The phantasmagores used to use every kind of tricks to impress the passers-by: electricity, magnetism, galvanism, incense, special ingredients reminding you of the person you want to revive, etc. But in spite of all these devices supposed to make the show spectacular and supernatural, there was no magic in that. Yes, don’t be afraid to say it: phantasmagores were fakers! The phantascope was an image projector, which allowed you to do cross dissolves and tracking in and out. It used the revolutionary principle of back projection. Using a source of light, mirrors and several lenses, one could screen some images. Two plates slipped into the machine allowed the phantasmagore to create an animation. The first plate was representing the fixed body of the person and with the help of the second plate and strings one could make an arm or a tongue move. « Ladies and gentlemen! Come and see that! William Tell can now stick out his tongue! » And there was no sorcery in that. But you, the credulous spectator, wouldn’t know that because the whole machine was hidden under a black blanket…

Phenakistoscope ©Wikipedia

Bit by bit, drama gave way to science. 1832, Joseph Antoine Ferdinand Plateau, a Brussels physicist and mathematician, a professor at the university of Gand, invented the phenakistoscope (I think it was a matter of who would find the most bizarre name for his or her invention!). Maybe the lively atmosphere in the capital just after Belgium took its independence stimulated this great mind.

The phenakistoscope was an animation device based on the principle of the persistence of vision. This ancestor of the zoetrope consisted of a disc, cut through by a dozen of radial slits, in between which were drawn a series of scenes showing the phases of the animation. When the disc would spin, the animation would begin. For the spectator to only see one scene at a time, he or she was supposed to look through the moving slits at the disc’s reflection in a mirror. Cyclic motion was born. From then on, one could watch the same boxer punch the same opponent over and over again. It might seem simplistic for us today, but it was genius then! Inasmuch as the invention of cinema was based on Plateau’s research.

Lumiere’s cinematograph ©flypix

Fifty years later, one got down to business, what we all consider as the official birth of cinema. On the 1st of March 1896, in the King ‘s Gallery in Brussels, took place the first public screening by the Lumiere cinematograph in Belgium. Were notably screened: the famous Arroseur Arrosé, Le Repas de Bébé and L’Arrivée d’un Train en Gare de La Ciotat (don’t worry you won’t get run over!). The French audience had known those films for a few months only since the first screening by the Lumiere brothers took place in Paris at the end of December 1895.

And that was the beginning of many extraordinary film adventures! To be continued…

Episode 1: Naissance de l’image animée en Belgique

Il était une fois, Etienne-Gaspard Robert, ou Robertson pour les intimes. Abbé originaire de la cité ardente (Liège) mais aussi artiste et scientifique, il avait à sa disposition, comme vous le voyez, la panoplie du parfait petit cinéaste : la science et l’art.

Scène de fantasmagorie ©Wikipedia

Nous sommes en 1797, un siècle avant l’extraordinaire invention des frères Lumière, au cœur d’une triple révolution : la révolution française, la révolution liégeoise et la révolution brabançonne. Est-ce par excès de patriotisme que notre Robertson a rejoint Paris peu après que la principauté de Liège s’est ralliée à la France ? L’histoire ne le dit pas. Toujours est-il que c’est dans la capitale de l’amour que notre fantasmagore a fait sensation.

Fantasmaquoi ? Si on en croit son étymologie, « fantasmagorie » signifie « l’art de faire parler les morts en public ». C’est donc à ressusciter les défunts que s ‘employaient les « fantasmagores » à la fin du XVIIIème siècle. Nombreux sont ceux que Robertson a ainsi ramenés parmi les vivants : êtres chers ou personnalités mythiques, de Guillaume Tell à Virgile en passant par Voltaire et Marat. De quoi vous en mettre plein la vue! Imaginez un peu, grâce à cette prodigieuse invention, vous pouvez désormais faire revenir l’élu(e) de votre cœur ou votre idole de toujours ! Car oui, Robertson, ce bel esprit, est l’inventeur du fantascope.

Mais comment fonctionnait cet ancêtre du cinéma ? Les fantasmagores utilisaient toutes sortes de ruses pour impressionner le chaland : jeux d’électricité, magnétisme, galvanisme, utilisation d’ingrédients évoquant la personne à ressusciter, encens etc. Mais malgré tous ces artifices destinés à rendre le spectacle grandiose et surnaturel, il n’y avait rien de magique là-dedans (oui, osons le dire, les fantasmagores étaient des charlatans) ! Le fantascope était une boîte de projection qui permettait de réaliser deux types de manipulations aujourd’hui classiques : le fondu enchaîné et le travelling avant-arrière. Son principe révolutionnaire est la rétroprojection. À l’aide de sources lumineuses et de miroirs, associés à un jeu de lentilles, le fantasmagore pouvait projeter des images. Combinées à ce dispositif, deux plaques glissées dans les passe-vues permettaient d’animer ces images. La première plaque représentait le corps fixe de la personne à faire apparaître. La seconde plaque était ensuite mise en mouvement à l’aide de ficelles afin d’animer un bras, des yeux, une jambe. Approchez mesdames et messieurs, le fantôme de Guillaume Tell peut désormais vous tirer la langue ! Et sans la moindre sorcellerie ! Mais ça, nous autres badauds ne le savions pas. L’ensemble du dispositif était, bien entendu, dissimulé sous un rideau noir afin que le spectateur crédule ne se doute de rien…

Phenakistiscope ©Wikipedia

Mais peu à peu le spectaculaire cède la place à la science. En 1832, le physicien et mathématicien (la science, disais-je) bruxellois Joseph Antoine Ferdinand Plateau, professeur à l’université de Gand, inventait le phénakistiscope. (À croire que c’était à celui qui trouverait le nom le plus barbare pour son invention !). Sans doute le climat bouillonnant qui régnait dans la capitale juste après que la Belgique a repris son indépendance a-t-il stimulé cet esprit amoureux de rigueur.

Le phénakistiscope, donc, est un jouet optique basé sur le principe de la persistance rétinienne. Cet ancêtre du zootrope est constitué d’un disque en carton percé d’une dizaine de fentes entre lesquelles sont dessinées des « scènes » qui se suivent. De cette façon, quand le disque tourne, l’image s’anime. Afin que le spectateur ne voie qu’une seule scène à la fois, il se place de l’autre côté du disque et, à travers les fentes, regarde l’image s’animer dans un miroir placé en face du disque. C’est la naissance du mouvement cyclique. Désormais on peut voir le même boxeur coller le même pain au même adversaire, inlassablement. Aujourd’hui cela peut nous paraître trivial, mais à l’époque cela tenait du génie ! De ses recherches sur la persistance rétinienne, Joseph Plateau a d’ailleurs tiré les principes et les règles sur lesquelles s’est appuyée l’invention du cinéma.

Cinématographe Lumière ©flypix

Cinquante ans plus tard, nous passions aux choses sérieuses, à ce que tous nous connaissons comme la naissance officielle du cinéma. Le 1er mars 1896, dans la Galerie du Roi à Bruxelles, a eu lieu la première séance publique du cinématographe Lumière en Belgique. Ont été notamment projetés : le célèbre Arroseur Arrosé, Le Repas de Bébé etL’Arrivée d’un Train en Gare de La Ciotat (n’ayez crainte, il ne va pas vous écraser !). Ces films n’étaient connus du public français que depuis quelques mois, la première projection des frères Lumière ayant eu lieu à Paris fin décembre 1895. Et c’était parti pour des aventures cinématographiques extraordinaires !

La suite au prochain épisode…