Les Lycéens en parlent – Critique de L’Indomptée

Critique de l’indomptée

Déclaration.

 »Ici tout le monde est fou. Je suis fou. Vous êtes folle. » Telle Alice, Camille entre par une petite porte, au pays des merveilles, au pays des fous, au pays des artistes : la Villa Médicis. Très vite, elle rencontre Axelle, mystérieuse, séduisante, ensorcelante, un peu folle, un peu étrange, elle aussi. Tout au long du film, elle tente de la capturer : cette poupée, aux cheveux enflammés, aux grands yeux clairs, qui disparaît, qui réapparaît ; un lapin blanc qui voit ce que personne ne distingue : les fantômes hantant les jardins, les statues mouvantes… Incontrôlable, imprévisible, indomptée, Axelle n’est peut-être qu’une illusion, bloquée dans la tête de Camille : son imagination.

Caroline Deruas signe ainsi son premier film, touffu. Trop, sûrement. Un problème, comme un terrier à l’intérieur duquel elle n’a pu s’empêcher de plonger. Où les idées sont arrivées, par centaines : une avalanche d’univers qui ont faillit la submerger. Horreur (des ombres, mouvantes), fantastique (des fantômes comme sortis d’un conte),

Romantisme, comique, colorent, par petites touches, la pellicule, tout comme les arts, qui ne cessent d’habiter l’image par de multiples références : la sculpture et ses statues romaines, la musique, le théâtre, l’architecture et ses appartements presque irréels, parfois oppressants, la photographie, le cinéma (un retour aux origines avec le noir et blanc). L’explosion de l’arc en ciel n’est pas loin . L’équilibre aurait pu être brisé, et emporter le spectateur de l’autre côté du miroir, mais l’air reste respirable, par la vision, l’atmosphère personnelle, féerique, les couleurs bleutées, les statues qui pleurent, la poésie, la délicatesse, la folie enserrant le film entier de ses grands bras. Ce sont ces failles, qui, finalement, rendent cette petite pierre, cette déclaration d’amour, si étincelante.

Anaëlle Paccard, Maëliss Charpentier