Category Archives: Focus 2010

Le nouvel âge d’or du documentaire danois (5/6)

Depuis quelques années, le documentaire danois a fait un retour remarqué dans les festivals internationaux. derniers exemples en date : Armadillo, Grand Prix de la Semaine de la Critique 2010 et The Red Chapel,  récompensé par le Grand Prix 2010 à Sundance. Petite histoire du documentaire au Danemark.

Le documentaire, un genre d’explorateurs

 

Knud Rasmussen, Paul Henningsen… sont des noms quasi-inconnus en France mais qui ont pourtant marqué l’histoire du documentaire danois. Nanook (1934) relate la dernière expédition de l’explorateur Knud Rasmussen et suscite l’intérêt du grand public danois. Il se distingue de tous les autres films d’expédition par sa construction narrative, sa durée (1h20) et son intérêt ethnographique en s’intéressant aux Inuits.

Autre figure marquante, Paul Henningsen, qui réalise avec Danmark en 1935, une peinture impressionniste, poétique et légère de son pays. Après ces deux films, le documentaire prend son envol. Pendant la seconde guerre mondiale, il conserve un ton léger pour mieux contourner la propagande nazie. Il se diversifie dans les années suivantes, abandonnant progressivement les thématiques de la Nation, du voyage et de l’exploration, sous l’influence du cinéma et de la télévision.

 L’ère des expérimentateurs

 

Jorgen Leth, DR

 

Dans les années 1960, Jorgen Leth devient la figure phare du documentaire danois. Son travail de documentariste est reconnu lorsqu’il réalise The Perfect Human (1967), un court métrage de 13 minutes qui tente de définir ce qu’est l’homme parfait. Ce court métrage est le point de départ d’un autre “documentaire”, Five obstructions (2003) réalisé par Lars von Trier dans lequel il demande à Jorgen Leth de réaliser cinq nouvelles versions de The Perfect Human, en se pliant chaque fois à cinq contraintes différentes. Avec Lars von Trier, le documentaire devient d’ailleurs « dogumentaire » puisqu’il le soumet à une charte d’interdictions semblable à celle qu’il avait pu élaborer pour le Dogme. Les réalisateurs du Dogme sont d’ailleurs eux-mêmes le sujet d’un documentaire, The Purified de Jesper Jargil

Le retour sur la scène internationale


Armadillo, Janus Metz, DR

Avec Armadillo de Janus Metz (Grand Prix de la Semaine de la Critique 2010), un documentaire sur de jeunes soldats danois partant pour la première fois en mission en Afghanistan dans le camp “Armadillo”, le documentaire renoue avec le grand public international.
L’année 2010 est aussi celle du succès de The Red Chapel de Mads Brüger, documentaire humoristique sur une fausse troupe de comédiens voulant monter un vaudeville en Corée du Nord, récompensé par le Grand Prix du Jury au Festival du Film de Sundance.

Armadillo et The Red Chapel seront projetés dans les salles de cinéma des Arcs en décembre prochain dans le cadre du Focus pays 2010. Regarder la bande-annonce de Armadillo et des autres films programmés aux Arcs du 11 au 18 décembre…

 Prochainement, les Danois à l’étranger…


 

 

Bienvenue à Filmbyen ! (4/6)

L’Amérique a Hollywood, l’Italie a Cinecittà, Hollywood et… le Danemark, Filmbyen ! Visite guidée de l’étonnante cité du film danoise, créée à l’initiative de Lars von Trier et Peter Aalbæk Jensen sur une ancienne base militaire à Hvidovre.

Lars von Trier et Peter Aalbæk Jensen en leur royaume

Quand Peter Aalbæk Jensen et Lars von Trier se rencontrent lors du tournage d’un spot publicitaire en 1988, ils sont connus pour avoir des caractères tout à fait opposés et personne ne prédirait qu’ils seraient un jour amenés à faire affaire ensemble. A cette époque, Lars von Trier cherche un producteur prêt à financer ses projets de films. Ensemble, ils décident de fonder Zentropa Entertainement, société de production qui tire son nom de la compagnie de train dans Europa (1991). Pour assurer le financement de la société et pouvoir produire Breaking the Waves, le duo réalise des pubs et la série télévisée, L’hôpital et ses fantômes, qui les fait connaître au Danemark. Un an après sa création, Zentropa Entertainement est rejoint en 1993 par la société de production Nimbus Films. Les deux sociétés élisent résidence dans l’ancienne base militaire d’Hvidovre en 1999. Ce cadre insolite est le véritable QG de Lars von Trier : le mur du hall d’entrée rassemble toutes les récompenses du réalisateur, « Le chaos règne » est inscrit en lettres rouges au-dessus de la porte de son bureau et des nains de jardin peuplent les jardins de cette cité…

Filmbyen, des plateaux de tournage des films du Dogme…

Constituée de plateaux de tournage et des bureaux des deux sociétés de production, Filmbyen a accueilli les tournages et produit la plupart des films du Dogme. Les deux sociétés ont permis à des cinéastes comme Lukas Moodysson (Fucking Amal), Thomas Vinterberg (Festen), Susanne Bier (After the wedding) et Per Fly (The Bench) de se faire un nom.
Zentropa Entertainement est néanmoins souvent présentée comme la grande soeur de Nimbus Films car elle a un objectif affiché : devenir un mini-studio européen avec des ambitions internationales. Au fil des années, elle a installé de nombreux bureaux (comprenant chacun un producteur et un assistant) à l’étranger (France, Ecosse, Hollande, Allemagne, Norvège, Suède, Pologne et Italie.) Cette stratégie lui permet de coproduire des films européens tels que Rembrandt de Charles Matton (1999) et Red Road d’Andrea Arnold (2006).

… à ceux du Pussy Power.

Les années 1990 sont incontestablement celles du Dogme au Danemark. Lars von Trier, figure incontournable de la décennie, s’engage sur une voie originale lorsqu’il lance le Pussy Power, une production de X Dogme, proposant un point de vue féminin sur la pornographie. Chaque scénario est soumis à une commission de consultation dont le travail s’appuie sur une charte : le Puzzy Power Manifesto pour un scénario crédible, l’interdiction de toute violence et le respect du désir des femmes.

Dernièrement, Zentropa Entertainement a produit The Erotic Man de Jørgen Leth (2010),  le dernier film de Pernille Fischer Christensen (A family) et le dernier Lars von Trier (Melancholia) qui sortiront sur les écrans en 2011.

 Prochainement, Le nouvel âge d’or du documentaire danois…


Le cas Lars von Trier (3/6)

Peu de personnages sont aussi controversés que le réalisateur danois Lars von Trier. Chacune de ses apparitions publiques est un événement. Remarqué pour son premier long métrage Element of Crime en 1984, Lars von Trier a depuis réalisé plus d’une dizaine de films, de Breaking the Waves, Grand Prix du Jury au Festival de Cannes 1996 à son dernier opus Antichrist. Plongée dans l’univers d’un cinéaste atypique.

Lars von Trier,  la naissance d’un cinéaste emblématique

 

Lars von Trier, DR

Provocateur, orgueilleux, égocentrique, talentueux, intelligent… les qualificatifs ne manquent pas pour décrire le plus célèbre des cinéastes danois. Né le 30 avril 1956 à Copenhague, Lars von Trier (de son vrai nom Lars Trier, il ajoute le « von » pour faire comme Stroheim, ou Sternberg…) tourne ses premiers films alors qu’il n’est encore qu’un adolescent. Remarqué en 1984 pour son premier long métrage, The Element of Crime, premier volet de sa trilogie européenne (avec Epidemic (1987) et Europa (1991)), il est définitivement installé sur la scène internationale lorsque le Grand Prix du Jury est décerné à Breaking the Waves au Festival de Cannes 1996. Malgré la reconnaissance internationale et les succès critiques, l’homme goûte peu aux plaisirs de la célébrité. Il cultive l’image d’un cinéaste mystérieux, excentrique (se déplaçant uniquement en camping-car), sûr de lui et de son art, allant jusqu’à s’autoproclamer « meilleur cinéaste du monde. »

Les expériences cinématographiques du docteur Lars…

 Lars von Trier est pour un cinéma de l’exploration et de l’expérimentation. A chaque film, il remet en cause la cohérence de sa démarche, cherchant sans cesse à repousser ses propres limites. Alors qu’il n’a jusqu’à présent tourné que pour le cinéma, il accepte en 1994, pour des contraintes d’argent de réaliser L’hôpital et ses fantômes, la série télévisée qui le rend populaire au Danemark. Tournée caméra à l’épaule, en éclairage naturel et laissant toute sa place à l’improvisation des acteurs, cette histoire d’hôpital hanté permet au cinéaste de se libérer de toutes les règles qui contraignaient son art jusqu’alors. C’est de cette expérience que naît le Dogme. Le 20 mars 1995, au Théâtre de l’Odéon à Paris, le cinéaste énonce une liste de 10 interdictions pour sauver le cinéma de la superficialité des productions Hollywoodiennes. Il aime se mettre en difficulté et n’hésite pas à demander à d’autres réalisateurs de le suivre. Ainsi, lorsqu’il théorise le Dogumentary (liste de restrictions appliquées au documentaire), il demande au documentariste Jørgen Leth de tourner à nouveau The Perfect Human (1967), le court métrage qui l’a rendu célèbre, de cinq façons différentes. L’expérience fait l’objet d’un film justement nommé : Five obstructions (2004).

… et les coups d’éclats de Mister von Trier.

 

 

 

Charlotte Gainsbourg dans Antichrist, © Christian Geisnæs

Après une décennie 1990 glorieuse close par une Palme d’Or (décernée en 2000 à Dancer in the dark), les années 2000 sont celles des polémiques. Les débats s’enchaînent sur la Croisette où ses films sont présentés : Dancer in the dark (attaqué parce que Lars von Trier réalise un film sur l’Amérique sans y être jamais allé)… et le dernier en date, Antichrist. L’histoire d’un couple en deuil qui, suite à la perte de son enfant, se retire dans sa cabane Eden dans la forêt et sombre dans la folie. Critiqué pour sa misogynie et ses choix esthétiques, l’homme se défend, lui et sa façon de penser le cinéma. L’art cinématographique doit affecter émotionnellement les spectateurs, l’image étant le meilleur moyen d’atteindre ce but. A l’instar de son maître Carl Th. Dreyer, il proclame qu’il n’a pas le public en tête quand il fait un film, mais seulement l’image.

Le cinéaste scandinave réalise actuellement un nouveau long métrage. Le titre : Melancholia. Les noms de quelques acteurs à l’affiche : Charlotte Gainsbourg, Kirsten Dunst, Kiefer Sutherland, Charlotte Rampling… sont les seules informations qui ont pour l’heure été dévoilées. Sortie en salles annoncée pour le mois de mai-juin 2011…

 

Prochainement, Bienvenue à Film Byen, la cité du film made by Lars von Trier


1995, la Nouvelle Vague danoise (2/6)

Bien que le cinéma danois ait été récompensé au cours années 1980 (Le Festin de Babette, Oscar du Meilleur Film Etranger 1988 ; Pelle le Conquérant, Palme d’Or 1988), il est longtemps resté associé à la seule figure de Carl T. Dreyer.  L’apparition du Dogme sous l’impulsion de Lars von Trier et Thomas Vinterberg en 1995 est un véritable électrochoc qui secoue le Danemark. Histoire d’une renaissance annoncée.

Aux dix règles du Dogme, le cinéaste obéira

Le 20 mars 1995, alors qu’il assiste à la célébration du centenaire de la naissance du cinéma au théâtre de l’Odéon, Lars von Trier fustige la qualité des films réalisés au cours des années 1980-1990 et proclame la naissance du Dogme 95. Ce nouveau mouvement cinématographique a une ambition : sauvegarder le cinéma du formatage et de l’artificialité des productions hollywoodiennes. Et une recette pour y parvenir : suivre les dix principes contenus dans le Manifeste du Dogme 95. A haute voix, Lars von Trier énonce les dix commandements du Dogme. Une liste de dix interdictions accueillie dans la bonne humeur et sous les applaudissements de l’assemblée réunie à l’Odéon en ce printemps 1995 : le réalisateur doit privilégier un éclairage naturel, tourner caméra à l’épaule, recourir à la couleur, laisser libre cours à l’improvisation, ne jamais recourir à un accompagnement sonore artificiel, ni à aucun costume et il ne doit en aucun cas être crédité au générique de son film. Définies comme « impossibles » et « paradoxales » par les quatre pères fondateurs du mouvement (Lars von Trier rejoint par Thomas Vinterberg, Soren Kragh Jacobsen et Kristian Levring), ces règles sont avant tout une formidable occasion de mettre la nouvelle génération de cinéastes danois au défi et leur permettre d’expérimenter une nouvelle façon de faire du cinéma.

1998, la nouvelle vague danoise déferle sur le monde du cinéma

Droits réservés © Festen, Thomas Vinterberg

Les cinq premiers films du Dogme sortent en salles au cours des années 1998–2000. Trois années se sont écoulées depuis la proclamation du Dogme. Trois ans au cours desquels les réalisateurs ont dû convaincre l’Institut National du Cinéma Danois de leur donner les moyens de faire leurs films alors qu’il refusaient de présenter leurs scripts. Lars von Trier, en tant que réalisateur et co-directeur de la plus importante société de production danoise (Zentropa), a fait beaucoup pour faire reconnaître le Dogme. Un combat de tous les instants qui aboutit à la présentation des deux premiers films du Dogme Festen de Thomas Vinterberg et Les Idiots de Lars von Trier au Festival de Cannes 1998. Consécration ultime lorsque le drame familial de Thomas Vinterberg se voit décerner le Prix Spécial du Jury. C’est le début du succès pour toute une nouvelle génération de cinéastes danois tels que Soren Kragh-Jacobsen (Mifune, Ours d’Argent au Festival de Berlin 1999), Kristian Leving (The King is Alive) et Lone Scherfig (Italian for beginners, un des plus grands succès au box-office danois.) A leur suite, nombreux sont les réalisateurs à s’être essayés à la réalisation de films du Dogme faisant craindre un essoufflement du mouvement.

20 mars 2005 : le Dogme est mort, vive le Dogme !

Dès le début des années 2000, une question revient de façon lancinante : le Dogme aurait-il duré le temps de 5 films uniquement ? Encensés par les critiques et récompensés par leurs pairs, les réalisateurs du Dogme ont accédé à la renommée internationale et sont pour la plupart progressivement passés à la réalisation de films anglo-saxons (It’s all about love, Thomas Vinterberg ; Things we lost in fire, Susanne Bier…) décevant les attentes du public danois et des critiques. Dans ce contexte, et pour s’éloigner d’un mouvement devenu une étiquette à succès qui aurait limité leur créativité, ses initiateurs ont décidé de mettre un terme au mouvement, dix ans après sa création, le 20 mars 2005.

Victime de sa popularité, le Dogme a cependant contribué à redynamiser le cinéma danois et a réintroduit la liberté au cinéma. La volonté de laisser toute sa place au réalisme a poussé les réalisateurs à filmer des scènes dans la durée et à laisser place aux émotions comme rarement les réalisateurs se le permettaient jusqu’alors.

Prochainement, LARS VON TRIER…


La passion de Carl Theodor Dreyer (1/6)

Du 11 au 18 décembre 2010, le Festival de Cinéma Européen des Arcs consacre un Focus au Danemark. Parce que le cinéma danois ne se résume pas à l’oeuvre du cinéaste emblématique, Lars von Trier, nous vous proposons, à travers un feuilleton en huit épisodes, de partir à la découverte des grands noms et chefs d’oeuvres du cinéma danois. Cette semaine, un portrait du cinéaste Carl Th. Dreyer nous ramène aux origines du cinéma danois…

Carl Theodor Dreyer

Elevé au rang des géants du cinéma, Carl Th. Dreyer (1889-1968) ne correspond pas au metteur en scène tyran retenu par la légende. Décrit au contraire comme un homme à l’allure d’un petit fonctionnaire par ses acteurs, il travaille chacun de ses films avec un soin particulier. En 50 ans d’une carrière commencée au temps du cinéma muet et achevée au moment où s’affirme la Nouvelle Vague, il réalise 22 films, parmi lesquels une œuvre magistrale, La Passion de Jeanne d’Arc.

« Le cinéma est ma seule passion… » (Carl Th. Dreyer)

D’abord employé dans une entreprise télégraphique, puis journaliste. Carl Th. Dreyer est critique de cinéma à ses heures et décide très vite de vivre selon sa passion. En 1913, il rejoint Nordisk Film, une société de production pour laquelle il lit, évalue et écrit de nombreux scenarii, avant de devenir réalisateur. En 7 ans et après 2 films, Le Président (1917) et Pages arrachées du livre de Satan (1920), Dreyer affirme sa modernité. Il rythme son récit grâce aux flash-backs, multiplie les gros plans et dépeint comme jamais auparavant les passions des hommes. Avec Le maître du logis (Suède, 1925), une comédie de moeurs sur un mari tyrannique, il est remarqué par la Société Générale de Films, ce qui lui permet de réaliser une œuvre fondamentale dans l’histoire du cinéma, La Passion de Jeanne d’Arc.

La Passion de Jeanne d’Arc, chef d’œuvre du cinéma muet

En 1926, Dreyer s’installe à Paris, alors laboratoire du cinéma européen pour tourner un film sur Jeanne d’Arc. Son film ne sera pas un film en costumes, historique et figé. Le procès est relaté sur une journée. Chaque plan tourné dans l’ordre chronologique. Les acteurs ne se griment pas,  Dreyer préférant la nudité naturelle des visages qui, seule, peut exprimer les sentiments des hommes.

Renée Falconetti

Jeanne est incarnée par Renée Falconetti, dont le visage illuminé impressionne des générations de cinéphiles.

Dernier film muet du cinéaste, censuré lors de sa sortie en 1928, puis détruit par les flammes à deux reprises, ce film entre dans la légende des chefs d’œuvres maudits du 7e Art. Ce n’est qu’en 1981 que l’on retrouvera un double du négatif original du film, oublié dans un hôpital psychiatrique d’Oslo…

« Je suis cinéaste et je mourrai cinéaste. » (Carl Th. Dreyer)

Lorsqu’il réalise Vampyr en 1932, Dreyer prend le contre-pied de ce qu’il a jusqu’alors réalisé. Mais le tournage éprouvant de ce film lui vaut un séjour de trois semaines à la clinique « Jeanne d’Arc »… Dreyer abandonne le cinéma en France et retrouve le Danemark et son premier métier, le journalisme. De 1943 à 1964, il ne réalise que 3 films. Seul son avant-dernier, Ordet (1954), lui apporte la reconnaissance internationale – il reçoit le Lion d’or au Festival de Venise « pour l’ensemble de so­­­n œuvre » – tandis que Gertrud (1964), son dernier film, lui vaut de sévères critiques. Jugé trop froid, il est reproché à Dreyer d’avoir oublié ses recherches picturales, l’auscultation des visages, le pathos et la mystique qui caractérisaient tant son œuvre.

Le cinéaste s’éteint le 20 mars 1968, sans jamais avoir pu réaliser le film sur Jésus Christ qui lui tenait tant à cœur. Grand peintre des passions humaines, son cinéma a inspiré des générations de réalisateurs, parmi lesquels Lars von Trier qui réalise un scénario jamais tourné par Dreyer, Medea.

>> La biographie et la filmographie complètes du cinéaste sur le site officiel consacré à Carl Th. Dreyer.

Prochainement, le Dogme 95 ou comment Lars von Trier et Thomas Vinterberg révolutionnèrent le cinéma danois et mondial…