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Les Lycéens en parlent – Critique de De Sas en sas

De sas en sas

Étouffer.

Un ventilateur. Première image du film, paradoxale, puisque l’air restera enfermé, bloqué entre les grilles de la machine. C’est l’histoire d’un étouffement, d’une suffocation. Elles sont une dizaine : des femmes, à venir, régulièrement, voir leur mari, leur amant, leur frère, à attendre, des heures, pour atteindre le parloir, à être enfermées, une après-midi entière, entre les sas, les murs, les grilles, la lumière, le cadre, comme les prisonniers, comme des animaux. Plus d’eau. Plus d’air. Seulement la chaleur, alourdissante, exténuante, et les claquements métalliques, les hurlements presque irréels, la vocifération de la sirène entraînant une tempête de lourds piétinements. La bande son soustrait encore un peu d’oxygène, oppresse, emprisonne les spectateurs tout comme les personnages. Rachida Brakni, par les cris, les regards, les silences, parle d’éducation, de liens familiaux, d’amour, dénonce les conditions épouvantables auxquelles sont confrontés les visiteurs de la prison, la discrimination : parce qu’à l’intérieur, les conflits, les rancoeurs ressurgissent. Une nouvelle ville, de nouveaux quartiers apparaissent : les mêmes, plus confinés, que ceux de l’extérieur. La respiration devient alors quasiment impossible. Seule une petite brise permet de reprendre son souffle : l’innocente fillette à la peau pâle, aux cheveux blonds, qui passe de bras en bras pour apporter un peu d’air entre les murs. Une métaphore, douce, parfois amère, à l’image de l’ensemble du film : la liberté.

Anaëlle Paccard et Maëliss Charpentier

Le ciné-débat du dimanche : Les Chevaliers Blancs

A l’instar de grands noms du cinéma social tel que Ken Loach ou les frères Dardenne, le réalisateur belge Joachim Lafosse s’inspire du scandale de l’arche de Zoé pour réaliser Les Chevaliers Blancs et soulever des questions quant à la pertinence de l’aide humanitaire.

Les Chevaliers Blancs  sera projeté le dimanche 14 décembre à 14h au cinéma le Cœur d’Or et Sylvie Pialat (productrice des films du Worso), Sylvie Brunel (ex Présidente d’Action contre la Faim) et Véronique Auger (rédactrice en chef de l’émission Avenue de l’Europe sur France 3) seront présentes pour animer et modérer le débat.

Le film retrace le parcours du président d’une ONG qui a convaincu des familles françaises en mal d’adoption de financer une opération d’exfiltration d’orphelins d’un pays d’Afrique dévasté par la guerre. Pour réussir, il doit persuader ses interlocuteurs africains et les chefs de village qu’il va installer un orphelinat et assurer un avenir sur place à ces jeunes victimes de guerre, dissimulant ainsi le but ultime de son expédition…

La corruption, la dictature des émotions et le droit d’ingérence sont autant de thèmes susceptibles d’être abordés.

En effet, ne décide-t-on pas parfois avec trop de légèreté ce qui est mieux pour les autres ?

Pourquoi ne demande t-on pas l’avis aux locaux ?

Quel est le rôle d’une ONG ?

 

 

Zoom on the Work-in-Progress

Since 5 years, the Festival organises a morning of Work-in-Progress screenings as part of the professional events.

The Work-in-Progress gives filmmakers the chance to find financing or a distributor for their yet unfinished film (in phase of shooting or post- production).

To find the partners, directors present excerpts of their films to convince those present to invest. A total of 10 films from all over Europe is shown. The screening is then followed by a meeting with sales agents, financiers, film festivals and exhibitors.

This year, the selection concocted by Frédéric Boyer, the artistic director has a very feminine colour, since eight of the ten films are made by women: Greek Elina Psikou, Belgian Fien Troch, Italian Irene Dionisio, Swiss Anja Kofmel, Polish Alina Skrzeszewska, Croatian Hana Jusic, Georgian Mariam Khatchvani and Afghan Shahrbanoo Sadat. Romanian Daniel Sandu and Norwegian Jonas Matzow Gulbrandsen accompany them. The program includes five first feature films and two documentaries (including one animated).

The Work-in-Progress is the perfect opportunity for filmmakers to meet people that often end up being helpful. For example, Rams by Grímur Hákonarson and Sparrows by Rúnar Rúnarsson respectively became the winners of Un Certain Regard and San Sebastian.

L’envol de l’industrie cinématographique

C’est donc en 1982 que la Commission Irlandaise du Cinéma, (Bord Scannán na hEireann’s, maintenant le Irish Film Board ), créée pour encourager la production cinématographique, introduit une politique culturelle du cinéma. Le cinéma irlandais s’est par la suite développé mais garde la particularité de rester étroitement lié à son identité nationale. Ainsi, l’on voit clairement se dégager certains thèmes récurrents comme la sévérité du catholicisme, les problèmes d’enfermement, l’opposition entre la vie et la campagne…

Les films des années 1990 traitent souvent des conflits civils ainsi que des troubles avec l’Irlande du Nord. The Crying Game (1992) de Neil Jordan avec Forest Whitaker, et In the Name of the Father, de Jim Sheridan avec Daniel Day Lewis, par exemple, mettent en scène le conflit nord-irlandais.

Anecdotes sur In the Name of the Father :

-       Le synopsis du film s’inspire de l’Affaire des « Quatre de Guilford », durant laquelle quatre jeunes, dont Gerry Conlon, furent injustement accusés d’être des terroristes de L’IRA (Irish Republican Army) et emprisonnés pendant près de 15 ans.

-       Daniel Day Lewis a voulu s’investir à fond dans son rôle et pour cela a passé des heures à parler avec le véritable Gerry Conlon, et se fit même enfermé en prison dans les mêmes conditions que le protagoniste, où les gardiens le réveillaient tous les quarts d’heure. 

-       Le film fut nominé 7 fois aux Oscars.

-       Jim Sheridan a demandé à son compatriote Bono d’accompagner certains des morceaux du film.

Depuis, le cinéma irlandais s’est grandement développé, notamment avec l’aide du Irish Film Board et est devenu une industrie incontournable. Avec des réalisateurs tels que Neil Jordan et Jim Sheridan, et plus récemment Martin McDonagh (In Bruges, Seven Psychopathes) ou John Carney (Once), le cinéma irlandais s’exporte davantage à l’international et fait émerger des acteurs devenus incontournables tels que Daniel Day Lewis, Liam Neeson, Colin Farrell, et tellement d’autres talents admirés dans le monde entier.

Si vous voulez la liste des acteurs et actrices irlandais, cliquez ici.

 

Mémoires de femmes bosniaques

Quel film court mais intense est For those who can tell no tales ! Ce film d’à peine plus d’une heure nous montre une Bosnie d’après guerre que peu de personnes de moins de vingt ans connaissent. En effet, nous pouvons suivre Kym Vercoe, touriste australienne d’une trentaine d’années, dans sa découverte des atrocités commises pendant la guerre d’ex-Yougoslavie dans la petite ville de Višegrad. A travers son voyage touristique, le spectateur ressent le mal-être de Kym comme s’il avait été témoin des horreurs survenues dans cette petite ville à la frontière de la Bosnie et la Serbie.

L’atmosphère de ce film de Jasmila Zbanic est pesante. Grâce au travail du son et de l’image, nous restons tout au long du film dans une attente d’un problème, d’un élément perturbateur direct. Mais rien de tout cela n’apparaît. Aucune attaque directe n’est faite à Kym alors qu’on le craint constamment. C’est aussi cela qui fait la force de For those who can tell no tales. Toute l’histoire est basée sur notre dimension psychologique. En effet, aucune des atrocités énoncées par notre protagoniste durant toute l’intrigue n’est montrée à l’écran. Nous n’avons pas d’images crues, choquantes : pourtant on ressort de la salle choqués. Choqués par l’histoire que l’on vient d’entendre plus que de voir, choqués par la beauté des plans de Jasmila Zbanic alors que le sujet en lui-même est loin d’être beau.

Tout ceci part du pont sur la Drina, titre du roman du prix Nobel de 1961, Ivo Andric. En effet, c’est parce que Kym a lu Le pont sur la Drina qu’elle décide de se diriger vers Višegrad. C’est à cause de ce pont qu’elle découvre les horreurs perpétrées dans cette petite ville. Ce pont n’a pas inspiré qu’un roman, il est le lieu de nombreux massacres au fil des siècles, on nous dit même dans le film qu’on ne pouvait plus le traverser tellement le sang y coulait lors de la dernière guerre. Le pont, qui symbolise la stabilité, devient alors une des sources du mal-être de notre héroïne. Mais il est aussi le lieu où les plus beaux plans nous sont donnés de voir. Jasmila Zbanic joue avec les reflets et l’architecture du pont pour notre plus grand bonheur ! 

For those who can tell not tales est un film bref mais intense. Le spectateur est en permanence plongé dans l’histoire de cette jeune Australienne et dans l’histoire de cette Bosnie d’après guerre. Bien que rien ne soit réellement choquant à l’écran, on ressort de la salle choqués et abasourdis. On a dans ce film intense une vision marquante de l’histoire de son pays par une réalisatrice Bosniaque de talent.

SAUMIER Eléonore, DESSAIX Fanny, Lycée Louis Armand, Chambéry