Category Archives: Trois Questions à…

3 Questions à… Vincent Patar et Stéphane Aubier

1. Stéphane et Vincent, vous partagez de nombreux projets depuis Pic Pic et André, Benjamin a-t-il bousculé vos habitudes de travail ?

Ce qui était nouveau pour nous avec Ernest et Célestine, c’est qu’un producteur, Didier Bruner, nous proposait de travailler avec une histoire et des personnages qui ne nous appartenaient pas : un scénario de Daniel Pennac, lui-même inspiré de l’œuvre de Gabrielle Vincent. On avait déjà fait pas mal d’animation en 2D mais avec notre propre graphisme, un peu rock’n’roll. Avec Ernest et Célestine, on arrivait  dans un univers plus doux, plus poétique. Benjamin travaillait sur ce projet depuis déjà une bonne année quand nous sommes arrivés et donc c’est un peu nous qui risquions de bousculer les habitudes de travail de Benjamin. Il nous a fallu un certain temps d’adaptation. Au fur et à mesure des rencontres, des discussions entre Daniel, Benjamin, Didier Bruner, Vincent Tavier (Producteur Belge) Marisa et Zyk (décors) et nous, des idées ont commencé à se mettre en place.

 

2. Qu’est-ce qui vous a séduits chez les personnages d’Ernest et de Célestine ?

Les personnages, tels qu’ils étaient présentés dans le scénario de Daniel Pennac, étaient d’emblée attachants. Le travail de recherches  graphiques et le pilote pour lequel Benjamin avait contribué en tant que chef anim’ rendait déjà bien compte du potentiel artistique du projet et nous n’avons pas hésité longtemps avant d’accepter de travailler sur ce projet .

 

3. Le film sort juste avant Noël dans les salles belges et françaises. Comment appréhendez-vous la réaction du grand public ?

Les réactions du public et de la presse lors des présentations dans différents festivals sont encourageantes. Espérons qu’au-delà des critiques, le bouche-à-oreille fonctionnera. Car si le film est présenté comme étant un film pour enfants, tout le monde s’y retrouve. C’est aussi une belle invitation à se plonger dans l’œuvre de Gabrielle Vincent.

 

3 Questions à… Pierre-Emmanuel Fleurantin et Guillaume Calop

-   Un souvenir particulier de la tempétueuse édition 2011 ?

Le chaud (dedans) et le froid (dehors) ont soufflé sur cette troisième édition qui fût très enneigée. Cela s’est terminé « en beauté » avec la tempête Joachim qui sévissait sur toute l’Europe et qui ne nous a pas épargnés, question neige. Cela a été l’occasion pour nous de prouver que le festival est « weatherproof », même à la montagne dans des conditions extrêmes on arrive à assurer l’essentiel : que chacun soit à l’abri et que l’on passe un bon moment, « à la montagnarde » ! Finalement, même si quelques changements de programmes ont été imposés, ça a été une expérience de montagne inoubliable pour tout le monde ! Le samedi matin, lorsque le soleil s’est levé sur ce paysage enneigé à couper le souffle, la nostalgie pouvait se lire sur le visage de nos invités alors qu’ils rentraient chez eux après une semaine riche en cinéma, en bons moments, et en neige, donc !

-   Pourquoi faut-il absolument venir aux Arcs pour cette 4ème édition ?

Pour la sélection des films, nous aurons cette année beaucoup de premières françaises, c’est une occasion de découvrir la richesse du cinéma européen avant tout le monde, d’échanger avec les équipes de films dans une chaleureuse atmosphère.

Pour la Belgique que nous mettons à l’honneur, c’est une occasion de (re)découvrir les grands cinéastes de ce pays, wallons et flamands, réunis dans un même programme de 12 longs métrages.

Pour les événements professionnels, qui grandissent en qualité et en fréquentation chaque année, le Festival des Arcs est désormais l’un des événements les plus suivis pour la qualité de ses choix et ses rencontres fructueuses et productives. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de montrer cette année plusieurs films « finis » qui sont passés par les événements professionnels pour boucler leur financement.

Enfin parce que c’est une occasion unique de venir fêter le cinéma européen tout en profitant de ce que la montagne offre : des paysages époustouflants, l’un des plus beaux domaines skiables au monde, des fondues et raclettes à gogo et un accueil toujours des plus chaleureux.

-   Quelles nouveautés pour 2012 ?

Toujours plus de films, notamment dans les programmes d’avant-premières, tout en préservant notre exigence de qualité. Le retour des projections à Arc 1600 à la Coupole, de nouvelles salles de projection à Arc 1800 et une amplitude de projections sur toute la journée à Arc 2000, pour les professionnels. Le festival descendra dans la vallée, avec des projections à Moûtiers et Albertville pour les scolaires. Côté professionnels, toutes les projections des Journées DIRE auront lieu à Arc 2000, les Work In Progress grandissent et encore plus de projets, toujours sélectionnés avec beaucoup de rigueur, seront proposés. Enfin, le festival sera comme toujours festif avec ses soirées légendaires et ses concerts uniques, organisés par la Favela Chic. Et pour terminer, nos amis du web reviennent cette année pour tourner un court-métrage pendant le festival, de bons moments de rigolade en perspective…

Trois Questions à…

Tonino Benacquista, auteur et scénariste français est membre du jury de l’édition 2011 du Festival des Arcs. Quel regard porte-t-il aujourd’hui sur le cinéma européen ? Quelles sont ses attentes en tant que membre du jury ? Le scénariste de Sur mes lèvres et de De battre mon cœur s’est arrêté se prête au jeu des 3 questions…


Tonino Benacquista,

Ecrivain et scénariste, membre du jury 2011

  • Vous êtes membre du jury de la 3ème édition du Festival de Cinéma Européen des Arcs, qu’attendez vous de cette expérience ?

Je me réjouis de participer à cette édition du festival. Je suis toujours très attentif à la manière dont on travaille la fiction dans tel ou tel pays. L’Europe « fictionne-t-elle ? » A-t-elle besoin avant tout de traiter de son histoire récente, de s’arrêter sur tel ou tel phénomène de société, ou bien propose-t-elle des dispositifs narratifs nouveau, des machines à rêver comme Hollywood en produisait il y a encore quelques années ?

  • Vous avez co-écrit avec Jacques Audiard les scénarii de Sur mes lèvres et de De battre mon cœur s’est arrêté, tous deux récompensés d’un César. Quels sont vos prochains projets pour le cinéma ?

J’ai pour principe de ne jamais parler de mes projets avant qu’ils ne soient entièrement finalisés et tournés…

  • Vous écrivez pour la littérature, le cinéma, la BD… quels sont les différents travaux d’écriture pour lesquels prenez vous le plus de plaisir?

Le plaisir n’entre pas vraiment en ligne de compte. Mon souci est de trouver pour chaque idée de récit la bonne forme de narration. Certaines histoires ont besoin d’images, ce qui m’incite à aller vers la BD, ou le cinéma. S’il s’agit d’un huis clos, je vais regarder vers le théâtre. Et quand j’ai besoin de développer un ou plusieurs thèmes où je décris plutôt des univers intérieurs, je vais vers le roman.

Trois Questions à…

Cette année encore le Festival de Cinéma Européen des Arcs se met à la page en mettant l’accent sur les nouveaux médias à travers des conférences, rencontres et débats interprofessionnels autour des nouveaux enjeux du transmédia et du crossmédia. Pour se mettre dans le bain, nous avons posé nos 3 questions à une spécialiste en la matière, Caroline Maret, Responsable du Développement de Contenus Transmedia pour la fiction chez TF1.

Caroline Maret,
Responsable du Développement de Contenus Transmedia – Direction de la Fiction Française – TF1

  • Pouvez-vous nous donner votre définition du crossmédia et du transmédia?

Le crossmédia, est une stratégie qui consiste à orchestrer un contenu sur plusieurs média (en maîtrisant le potentiel spécifique à chacun d’eux) pour toucher son public.
Le transmédia, est le fait de raconter une histoire dont l’univers narratif s’articule sur plusieurs média. Ici, c’est l’histoire racontée qui est au cœur du processus ; chaque média apporte sa contribution narrative pour faire vivre un volet particulier d’une expérience fictive globale.

  • Comment utilisez-vous les trans/cross média dans votre profession ?

Je suis rattachée à la Direction de la Fiction Française de TF1. Mon rôle est de développer pour le digital des contenus narratifs additionnels aux Fictions Françaises de l’antenne. Aujourd’hui, il s’agit de repérer, parmi les programmes que l’on coproduit pour le média TV, ceux pour lesquels il est pertinent de mettre en place un dispositif transmédia en complément du dispositif crossmédia classique. Plus précisément, il s’agit d’identifier les programmes dont l’univers, les intrigues, le public visé, etc. permettent d’inventer pour nos héros une vie en dehors de l’antenne et de donner à notre public la possibilité de participer à cette vie. Ce type d’écriture participe à la création de rendez-vous forts sur l’ensemble de nos écrans et au développement de l’expérience autour de nos programmes au-delà de l’antenne et de la catch-up.

  • Un exemple concret ?

L’exemple le plus représentatif de dispositif cross/transmédia à ce jour parmi les Fictions de TF1 est Clem.

Clem raconte l’histoire d’une adolescente de 16 ans qui découvre trop tard qu’elle est tombée enceinte et qui se retrouve donc dans l’obligation de garder son bébé. Le pilote, diffusé en 2010 traite les 9 mois avant l’accouchement, les 3 épisodes suivants, diffusés en 2011 traitent du quotidien de Clem avec son bébé, soutenue par sa famille et ses amis, et qui fait tout pour garder une vie normale, poursuivre ses études, se donner le droit d’aimer à nouveau,… malgré les difficultés que représente le fait d’être maman beaucoup trop tôt.

Pour le Dispositif Transmédia : Nous avons commencé à raconter l’histoire de Clem 2 mois avant la diffusion antenne du pilote en créant un blog sur lequel nous postions toutes les semaines une vidéo montrant une jeune adolescente répondant au nom de Clem et se confiant à sa webcam. Dans un premier temps, le blog n’était pas associé à un programme; pour le public qui a regardé les premières vidéos, il s’agissait donc potentiellement d’une adolescente réelle.

Pour accompagner la promotion et la diffusion des 3 épisodes suivants, nous avons fait évoluer le blog en réseau social avec un dispositif transmédia sur 10 semaines, impliquant 8 personnages (Clem, ses amis + le 8e personnage étant l’internaute), 1 point d’entrée par personnage (via des vidéos quotidiennes, des commentaires, des likes, des sondages), une nouvelle trame narrative hebdomadaire spécifique au blog. L’histoire se construisait et s’enrichissait simultanément sur 4 supports (l’antenne/le blog/MyTF1.fr/facebook).

Pour le Dispositif cross-média :
- la campagne de promotion du programme a été déployée sur l’antenne, le web, en affichage, en radio, en print. Elle était organisée de façon à créer de nombreux rebonds entre plateformes (au-delà du rendez-vous antenne, vers MyTF1.fr, vers le blog, vers MyTF1 VOD, vers le roman, etc.),
- l’offre du programme était disponible sur tous les écrans (antenne, box, web, tablette, smartphone), accompagnée de contenus additionnels (bonus, making-of, scènes coupées,…) avec là encore une logique de rebond d’un écran à l’autre (du programme antenne vers un contenu exclusif web, de la catch-up des épisodes vers la VOD du pilote, du blog vers le roman ou vers l’intégrale Clem en Vidéo, etc …)

Trois Questions à…

Frédéric Boyer, Directeur Artistique du Festival de Cinéma Européen des Arcs et Délégué Général de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes de 2009 à 2011, nous explique son travail de programmateur acharné et nous en dit un peu plus sur le Focus Italie de cette année.

Frédéric Boyer,
Directeur Artistique du Festival de Cinéma Européen des Arcs.

  • Comment sélectionnez vous les films ? Avez vous une certaine « ligne éditoriale » ?

Pour sélectionner les films, je dois prendre les décisions une fois que j’ai pu voir une vision d’ensemble du cinéma Européen produit en 2011. C’est pour cela qu’il est important de se déplacer dans des Festivals majeurs de la rentrée : San Sebastian, Venise et même Toronto.

La sélection doit être diversifiée. De la découverte de jeunes cinéastes, à la confirmation de réalisateurs plus expérimentés, le point commun entre eux est pour moi la façon dont ils regardent le monde ; le cinéma étant l’art du point de vue.

L’Europe possède un Nord et un Sud, de la Scandinavie aux bords de la Méditerranée, un Ouest et un Est, de la France à la Russie. Il me semble essentiel de tirer de cette «géo-cinématographie», les meilleurs films de l’année!

  • Après le Danemark l’année dernière, c’est l’Italie qui est cette année à l’honneur au festival des Arcs. Quelle facette de ce cinéma souhaitez vous mettre en avant?

Oui, cette année on passe du Nord au Sud pour notre Focus. C’est un plaisir de pouvoir faire découvrir le meilleur du cinéma contemporain italien au public des Arcs. Le cinéma Italien, malgré les crises économiques et sociales (l’omniprésence de la Télévision) réserve chaque année d’excellentes surprises ; la comédie, le film politique et les drames familiaux ont toujours en commun une attention toute particulière faites aux acteurs.

  • Que pouvez-vous nous dévoiler de votre sélection 2011 ?

Il est difficile dès à présent de vous dévoiler une partie de la sélection en vous citant des titres, la surprise doit demeurer intacte! Par contre j’ai été ravi de découvrir cette année des films Européens vifs, drôles, captivants et parfois enivrants, qui n’ont rien à envier, au contraire, aux productions américaines. Le cinéma Français étant de qualité cette année, il sera bien entendu bien représenté.