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1995, the Danish New Wave (2/6)

Though the Danish cinema was praised many times over the 1980s (Babette’s Feast that was awarded the 1988 Oscar for Best Foreign Film; Pelle the Conqueror awarded the 1988 Golden Palm), it has long remained associated with Carl Th. Dreyer’s figure. The emergence of Dogme at Lars von Trier’s and Thomas Vinterberg’s initiative in 1995 shook Denmark and announced the rebirth of the Danish cinema.

The film-maker shall abide by the ten Dogme’s rules

On 20th March 1995, as he was attending the celebration ceremony of cinema’s birth at the Odeon theatre in Paris, Lars von Trier flayed the way films were made during the 1980s-1990s and announced the birth of Dogme 95. This brand new cinematic movement aimed at guarding cinema against the superficiality of Hollywoodian productions. Aloud, Lars von Trier proclaimed the ten commandments contained in the Dogme Manifesto. Together, they constituted a list of ten interdictions cheerfully welcomed by the audience gathered at the Odeon theatre. From then on, special lighting was not acceptable, the camera must be hand-held, the film must be in colour, the sound must never be produced apart from the images and the director must not be credited. Described as “untenable” and “paradoxical” by the four founding fathers of the movement (Lars von Trier, Thomas Vinterberg, Soren Kragh Jacobsen and Kristian Levring), these rules are first and foremost a great opportunity for the new generation of Danish film-makers to experiment a new way of making cinema.

1998, the Danish wave breaks on the world of cinema

The five first Dogme films were released between 1998 and 2000. Three years had gone by since the Dogme’s birth. During these three years the film-makers had to convince the Danish Film Institute to give them subsidies since they refused to present their scripts. Lars von Trier, as a film-maker and co-owner of the biggest Danish production firm (Zentropa), made a lot to make the Dogme known. At last, the two first Dogme films, Festen by Thomas Vinterberg and The Idiots by Lars von Trier were presented at the 1998 Cannes Film Festival. The movement was absolutely recognized when Thomas Vinterberg received the Special Prize of the Jury. It was the beginning of success for the new generation of film-makers among whom Soren Kragh-Jacobsen (Mifune, 1999 Silver Bear), Kristian Leving (The King is Alive) et Lone Scherfig (Italian for beginners, one the biggest success in Denmark.) Several film-makers followed them and the Dogme’s rules letting the movement run out of breath.

March 1995: Dogme is dead, Long live Dogme!

Since the beginning of the 2000s, one question has regularly been raised on the front stage: is Dogme only a matter of five films? Praised by critics and awarded by pairs, the Dogme film-makers reached international glory. Most of them went to Hollywood where they made English speaking films (It’s all about love, Thomas Vinterberg ; Things we lost in fire, Susanne Bier…) thus deceiving critics and audiences. To avoid being trapped by the rules of a movement that would have limited their creativity, Thomas Vinterberg and Lars von Trier finally proclaimed the death of the Dogme on 20th March 1995, ten years after its birth.

Dogme nevertheless contributed to bring the Danish cinema back to life and to give more freedom to film-makers. The realist injuction let film-makers to shoot longer scenes and to let express the actors’ feelings as it has seldom been done before.

Coming next, LARS VON TRIER…

1995, la Nouvelle Vague danoise (2/6)

Bien que le cinéma danois ait été récompensé au cours années 1980 (Le Festin de Babette, Oscar du Meilleur Film Etranger 1988 ; Pelle le Conquérant, Palme d’Or 1988), il est longtemps resté associé à la seule figure de Carl T. Dreyer.  L’apparition du Dogme sous l’impulsion de Lars von Trier et Thomas Vinterberg en 1995 est un véritable électrochoc qui secoue le Danemark. Histoire d’une renaissance annoncée.

Aux dix règles du Dogme, le cinéaste obéira

Le 20 mars 1995, alors qu’il assiste à la célébration du centenaire de la naissance du cinéma au théâtre de l’Odéon, Lars von Trier fustige la qualité des films réalisés au cours des années 1980-1990 et proclame la naissance du Dogme 95. Ce nouveau mouvement cinématographique a une ambition : sauvegarder le cinéma du formatage et de l’artificialité des productions hollywoodiennes. Et une recette pour y parvenir : suivre les dix principes contenus dans le Manifeste du Dogme 95. A haute voix, Lars von Trier énonce les dix commandements du Dogme. Une liste de dix interdictions accueillie dans la bonne humeur et sous les applaudissements de l’assemblée réunie à l’Odéon en ce printemps 1995 : le réalisateur doit privilégier un éclairage naturel, tourner caméra à l’épaule, recourir à la couleur, laisser libre cours à l’improvisation, ne jamais recourir à un accompagnement sonore artificiel, ni à aucun costume et il ne doit en aucun cas être crédité au générique de son film. Définies comme « impossibles » et « paradoxales » par les quatre pères fondateurs du mouvement (Lars von Trier rejoint par Thomas Vinterberg, Soren Kragh Jacobsen et Kristian Levring), ces règles sont avant tout une formidable occasion de mettre la nouvelle génération de cinéastes danois au défi et leur permettre d’expérimenter une nouvelle façon de faire du cinéma.

1998, la nouvelle vague danoise déferle sur le monde du cinéma

Droits réservés © Festen, Thomas Vinterberg

Les cinq premiers films du Dogme sortent en salles au cours des années 1998–2000. Trois années se sont écoulées depuis la proclamation du Dogme. Trois ans au cours desquels les réalisateurs ont dû convaincre l’Institut National du Cinéma Danois de leur donner les moyens de faire leurs films alors qu’il refusaient de présenter leurs scripts. Lars von Trier, en tant que réalisateur et co-directeur de la plus importante société de production danoise (Zentropa), a fait beaucoup pour faire reconnaître le Dogme. Un combat de tous les instants qui aboutit à la présentation des deux premiers films du Dogme Festen de Thomas Vinterberg et Les Idiots de Lars von Trier au Festival de Cannes 1998. Consécration ultime lorsque le drame familial de Thomas Vinterberg se voit décerner le Prix Spécial du Jury. C’est le début du succès pour toute une nouvelle génération de cinéastes danois tels que Soren Kragh-Jacobsen (Mifune, Ours d’Argent au Festival de Berlin 1999), Kristian Leving (The King is Alive) et Lone Scherfig (Italian for beginners, un des plus grands succès au box-office danois.) A leur suite, nombreux sont les réalisateurs à s’être essayés à la réalisation de films du Dogme faisant craindre un essoufflement du mouvement.

20 mars 2005 : le Dogme est mort, vive le Dogme !

Dès le début des années 2000, une question revient de façon lancinante : le Dogme aurait-il duré le temps de 5 films uniquement ? Encensés par les critiques et récompensés par leurs pairs, les réalisateurs du Dogme ont accédé à la renommée internationale et sont pour la plupart progressivement passés à la réalisation de films anglo-saxons (It’s all about love, Thomas Vinterberg ; Things we lost in fire, Susanne Bier…) décevant les attentes du public danois et des critiques. Dans ce contexte, et pour s’éloigner d’un mouvement devenu une étiquette à succès qui aurait limité leur créativité, ses initiateurs ont décidé de mettre un terme au mouvement, dix ans après sa création, le 20 mars 2005.

Victime de sa popularité, le Dogme a cependant contribué à redynamiser le cinéma danois et a réintroduit la liberté au cinéma. La volonté de laisser toute sa place au réalisme a poussé les réalisateurs à filmer des scènes dans la durée et à laisser place aux émotions comme rarement les réalisateurs se le permettaient jusqu’alors.

Prochainement, LARS VON TRIER…